19 juin 2006

Françoise,

Il va sans dire que je suis archi mal d'avoir lu ton message hier... Je ne sais même pas par où commencer tellement ce qu'il nous arrive est dur... J'ai l'impression qu'en une semaine, j'ai donné un tournant à ma vie que je regrette beaucoup... De savoir que je te fais tellement souffrir me paralyse complétement, je suis tellement déconcertée et je ne pensais jamais en arriver là...

Effectivement, ce que je t'ai écrit dimanche soir, je le pensais plus fort que tout... Seulement voilà, il est vrai qu'objectivement, ça n'allait pas trop entre nous ces derniers temps. Je crois que j'aurais très bien pu passer outre car je n'ai jamais aimé quelqu'un avec une telle intensité que toi... Mais ce qui m'a je pense, complétement lobotomisée hormis notre dispute très forte de jeudi soir / vendredi matin, c'est que tu partes avec presque toutes tes affaires... Le sentiment d'abandon est quelque chose que je n'arrive pas à gérer du tout et que j'aurais pu gérer mais t'entendre dire que tu passais un bon week-end sans moi a vraiment été une épreuve. Quoique tu en penses, le week-end a été atroce et je l'ai falsifié à coup d'alcool et autres choses... J'étais aussi malheureuse à en crever de t'avoir au téléphone et que tu me laisses entendre que c'était bel et bien fini...

Je sais pertinemment que ça n'excuse rien à mon geste et que de te voir samedi pour te l'annoncer a été un véritable calvaire... A la fois car j'ai sûrement fait la plus grosse connerie de ma vie et à la fois parce que ça t'a brisé le coeur, et ça je ne peux pas me le pardonner...

Je ne sais pas quoi faire maintenant... Je n'arrive même à te répondre au téléphone  tellement je me sens coupable. Je m'en suis terriblement voulue pour samedi soir, tu étais au bout du fil et tu ne disais rien et j'ai raccroché. C'est là que je me sens encore plus monstreuse surtout que je n'ai aucune idée de vengeance en tête par rapport à nos conversations téléphoniques pas très faciles de ces derniers temps. Tu sais Françoise, tu as compté énormément dans ma vie, tu compteras toujours et même si tu dois avoir du mal à le croire, c'est super difficile pour moi aussi. Je n'ai même pas réussi à mettre le nez dehors ce week-end tellement ça m'est douloureux de passer dans des endroits où nous avions l'habitude d'aller.

Moi aussi, j'aurais rêvé de prendre des billets ensemble et continuer nos voyages inoubliables. Si tu savais comme j'ai la gorge serrée en y pensant... Je n'arrive pas trop à gérer les événements de ces derniers temps, partagée entre le fait de me dire que de toute façon, je n'aurais pas vraiment changé et que j'aurais continué à être jalouse et que nos relations auraient continuer à être conflictuelles et que de toute façon, nous aurions continué à nous rendre malheureuses par moments... Et partagée entre le fait de me dire que putain, des trucs biens il y en avait tellement... Qu'on aimait les mêmes choses et qu'on partageait beaucoup de choses... J'ai déconné dans le sens où je n'ai même pas pris le temps de faire le deuil de tout ça et c'est la première fois de ma vie où j'y tiens maintenant si peu car je sais que je ne pourrai jamais revenir en arrière sur ce que j'ai fait... Et que quoique je fasse, je suis bloquée et ferai encore plus de mal à tout le monde...

Je ne sais plus quoi faire, ce n'est pas à toi de me le dire ni à personne... Je sais une chose, c'est que je ne veux pas perdre contact avec toi et que je n'arriverai jamais à tirer un trait définitivement sur ces deux ans d'histoire. Tu vois, c'est très sordide, mais pour affronter le quotidien, j'ai aussi besoin de me défoncer en permanence car j'ai vraiment, vraiment fait quelque chose d'horrible que je ne me pardonnerai jamais... Samedi soir et hier, tant que je ne m'étais pas mise à bout, j'avais la gorge nouée tellement je pensais à nos voyages et tellement je me demandais ce qu'il nous était arrivé...

J'aimerais que tu ailles un peu mieux... Putain, je n'arrête pas de me demander, pourquoi ??? Pourquoi j'ai été chiante, pourquoi je n'ai pas saisi tes chances, pourquoi j'ai fait tout ça la semaine dernière (bon, ça je le sais, c'est horrible mais c'est que je pensais que tu m'avais vraiment quittée pour de bon. Je sais que ça n'excuse rien voire c'est pire mais quand tu m'as dit samedi, que dans ta tête, ce n'était pas terminé, je crois que tout s'est effondré sous mes pieds...).

Françoise, je ne te demande même pas de me pardonner, je te demande juste de prendre soin de toi, de m'appeler quand tu t'en sentiras l'envie et le courage... Il faut encore que je te parle et je te promets de te répondre instantannément si tu m'appelles. J'en mourrais d'envie ce week-end mais je suis tellement perdue... Toutes les musiques me donnent la nausée et envie de pleurer et d'imaginer ta douleur est la pire chose de toutes.

Fais moi signe, je t'appelerai encore dans la journée mais je pense bien que le boulot ne soit pas l'idéal car notre conversation sera éprouvante...

Je t'embrasse très fort et ne te remets surtout pas en question, on est responsables toutes les deux dans l'histoire, et sûrement moi, bien plus que toi... Tu es toi aussi quelqu'un d'exceptionnel, de super canon, intelligente, sensible, drôle et bourrée de qualités et de petits défauts qui font tout ton charme... Ca va nous prendre du temps mais on ne se perdra pas, même si le jour où on se reverra en tant qu' "anciens amours", ça ne sera toujours pas ça...

Prends soin de toi s'il te plaît, je crois que j'aurais encore préféré commettre le pire des crimes plutôt que de te faire ça... Je t'aime très fort et il n'y a pas d'autre mot à dire : c'est grave la merde !

Je t'embrasse très fort aussi,

Gaëlle

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